1 mai 2006

Notes du ciné club : La Nuit Américaine

La Nuit Américaine,
1973, François Truffaut

I. Crédits :

Equipe Technique :

Réalisateur : François Truffaut
Assistants réalisation : Suzanne Schiffman, Jean-François Stévenin
Scénariste : François Truffaut, Jean-Louis Richard, Suzanne Schiffman
Production : Marcel Berbert
Chef opérateur : Walter Bal
Directeur de la photo : Pierre-William Glenn, assisté de Dominique Chapuis et de Jean-François Gondre
Ingénieur du son : René Levert, Harrik Maury
Monteur : Yann Dédet, Martine Barraqué
Scripte: Christine Pellé
Musique : Georges Delerue
Décor : Damien Lanfranchi

Acteurs :

Jacqueline Bisset : Julie
Jean-Pierre Léaud : Alphonse
Jean-Pierre Aumont : Alexandre
Valentina Cortese : Séverine
François Truffaut : Ferrand le réalisateur
Dani : Liliane
Alexandra Stewart : Stacey
Nathalie Baye : Joelle
Jean Champion : Bertrand
Nike Arrighi : Odile
David Markham : le docteur Nelson
Bernard Menez : Bernard (l'accessoiriste)
Jean-François Stévenin : Jean-François (1er assistant réalisateur)
Xavier Saint-Macary : Xavier
Marie Poitevin : Marie


II. Le Film :

Genre : comédie Dramatique
Dates de sortie : 14 mai 1973 (Festival de Cannes), 24 mai 1973 (France)
Film français
Format : Couleurs - 35mm
Durée : 112 minutes
Tous publics
Tournage : 25 septembre au 15 novembre 1972
Oscar 1973 du meilleur film étranger
Film dédié à Dorothy et Lilian Gish

Synopsis :

Une équipe est réunie pour le tournage d'un film intitulé "Je vous présente Pamela" à Nice : ce dernier retrace l’histoire d’un beau-père tombant amoureux de la nouvelle femme de son fils. Alphonse l’acteur principal, a procuré à sa petite amie, Liliane, un emploi de script-girl stagiaire ; Séverine (qui joue la mère du jeune homme) s’inquiète de jouer avec son ancien amant Alexandre. Les problèmes sont ainsi nombreux pour Ferrand, le metteur en scène : le laboratoire abîme une scène de foule ; Séverine, ivre, rate une scène ; une actrice est enceinte, et l’actrice principale sort d’une dépression nerveuse et a abandonné le tournage de son dernier film en cours de route. Le tournage commence tant bien que mal, les liens se créés entre l’équipe mais, Liliane quitte Alphonse pour un cascadeur, l’acteur songe à abandonner le monde du cinéma...

Place du film dans l’œuvre du réalisateur :

15ème film sur 24
L'idée initiale de ce film remonterait aux premiers entretiens entre Truffaut et Hitchcock (1955-1966)


III. Thématiques :

Les thématiques du film sont nombreuses. Le thème principal et la grande originalité est le sujet : le cinéma en tant qu’art et métier.
Le 7ème art, la vie des ses protagonistes, ses difficultés, sont mises en abyme à travers l’équipe. Le film de Truffaut est comme le making-off d’un long métrage, comme la vision d’une seconde caméra dévoilant les dessous insoupçonnés des grandes créations en studio que le spectateur ne soupçonne généralement pas à la vision du film.
Truffaut démystifie le cinéma, mais exprime par l’image, la musique, le jeu des acteurs, par toute l’esthétique du film, l’Amour pour son métier.
Le film détaille le rôle de chacun sur le plateau, met en lumière les métiers de l’ombre. Truffaut rend hommage à « un ancien cinéma » que la nouvelle vague va transformer pour en faire un art plus proche de l’acteur et de la réalité, loin des studios.
La passion du cinéma est également un thème récurrent. Mis en valeur par le montage, et surtout par les dialogues, en particulier ceux du personnage joué par Truffaut lui-même.
Les remarques « chocs » et les allusions à la cinéphilie sont abondantes.
Le film recréé la dynamique, le stress d’une ambiance de tournage avec fidélité.
Les séquences en noir et blanc représentant des flash back de Truffaut (Ferrand) volant des affiches de Citizen Kane montre une passion pour le cinéma qui perdure encore, mise en valeur par une transition en très gros plan sur les yeux.
Les rapports humains sont montrés dans l’unique cadre du travail, la caméra suit un personnage après l’autre, comme dans un chassé-croisé entre tous les autres membres de l’équipe.
Les personnages ont une vie privée réduite, sont sans cesse exposés au regard des autres.
Par ailleurs, les multiples histoires d’amour sont une satyre du mélodrame réalisé par l’équipe.


IV. Le style :
L’image en elle-même est simple, le style pastel et dynamique de Truffaut est déjà visible, même si les thématiques chères à l’auteur sont encore de moindre importance.

Les cadrages sont très divers, l’utilisation de grands plans d’ensemble et de divers travellings est importante pour mettre en valeur l’intégralité de l’équipe du film au travail (acteur et technique), et pour donner une esthétique proche d’un documentaire presque de l’ordre du micro-trottoir.
Les autres types de plans sont également nombreux pour mettre en valeur les dialogues,
La nuit américaine est en effet un film qui soigne le style des répliques. La contre-plongée est fortement employée pour rendre l’effet que chacun est observé par les autres membres de l’équipe.
Le montage est de trois types :
- L’histoire générale suit un rythme normal, relativement simple à suivre
- Des séquences allégoriques en noir et blanc s’intercalant et ayant le rôle de flash back
- De grands plans d’ensemble s’enchaînant rapidement avec des plans plus serrés sur une personne précise et entièrement musicaux mettent en valeur l’animation du tournage.

Il faut noter que Truffaut s’amuse à mêler son film à la vie réelle des ses acteurs, sans doute par soucis de simplicité, son second assistant-réalisateur, Jean-François Stévenin a un rôle semblable dans « Je vous présente Pamela ». Truffaut joue également son propre rôle de réalisateur.

V. Citation :

« Un tournage de film, ça ressemble au trajet d’une diligence au Far West » Ferrand le réalisateur (Truffaut)

VI. Conclusion personnelle :

Truffaut réalise un film pour les passionnés de cinéma et une quasi-comédie pour les gens du métier qui retrouvent, poussés à l’extrême, les ennuis quotidiens d’un tournage. Voir le réalisateur au travail dans son propre film apporte un point de vue original sur son œuvre entière. On se demande si le Ferrand du film ressemble à Truffaut.
Le film est un bel hommage à l’ancien cinéma, il fait la jonction entre le cinéma moderne et celui qui s’achève.

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